Morgane Ange - Modératrice


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Posté le: Lun Aoû 08, 2005 01:54 Sujet du message: Histoire des Sorcières de Salem |
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LES SORCIERES DE SALEM
L'hystérie de la chasse aux sorcières parvint tardivement en Amérique. À cette époque, les croyances envers les sorcières et les fantômes étaient chose courante. Des incidents, d'étranges coïncidences ou des maladies inexplicables étaient souvent attribués au diable.
En 1692, un vent de folie se mit à souffler à Salem, dans le Massachusetts. Avant la fin de l'année, dix-neuf personnes avaient été pendues, et plus d'une centaine d'autres arrêtées sous accusation de sorcellerie.
Le phénomène commença lorsque plusieurs fillettes de Salem se mirent à présenter des symptômes alarmants. Le plus souvent, il s'agissait de convulsions. Les fillettes pouvaient aussi présenter une perte temporaire de l'ouïe, de la parole, de la vue, une perte de mémoire, d'appétit, une sensation d'étouffement dans la gorge, des hallucinations terrifiantes et des marques diaboliques. Les études démontraient qu'elles étaient, selon les critères médicaux de l'époque, hystériques.
On a tout d'abord suspecté l'ensorcellement chez Élizabeth Parris, âgée de neuf ans, la fille du révérend, et chez Abigail Williams, sa nièce âgée de onze ans. La cause de leur attitude n'est pas difficile à comprendre. L'esclave indienne, Tituba, que Parris avait ramené des Barbades, racontait régulièrement à un groupe de jeunes filles des histoires de charmes indiens et de sorcellerie. Certaines d'entre elles, avec son aide, s'étaient même essayées à prédire l'avenir. Une des pratiques auxquelles s'adonnaient les fillettes exigeait un oeuf et un verre. Le blanc d'oeuf, versé dans le verre, remplaçait la boule de cristal.
Quand Parris apprit ces activités, cela ne fit que confirmer ses affreux soupçons et l'opinion du docteur: les jeunes filles n'étaient pas malades, mais ensorcelées. En peu de temps, plusieurs autres jeunes filles et jeunes femmes se mirent à manifester, elles aussi, des symptômes alarmants.
Alors que les voisins montraient de plus en plus de signes d'inquiétude, les citoyens de Salem commencèrent à questionner les jeunes filles afin de découvrir l'identité de celles qui les affligeaient. Sous cette pression permanente, elles finirent par dénoncer Tituba et deux femmes de mauvaise réputation: Sarah Good et Sarah Osburn.
Sarah Good, la première à être interrogée, était une femme relativement jeune. Elle nia ardemment être une sorcière ou être en contact avec le diable. Elle nia aussi avoir déjà tourmenté les fillettes. Durant l'interrogatoire, Élizabeth Parris, Abigail Williams et quelques autres filles présentaient des symptômes d'ensorcellement. Les juges accusèrent ainsi Sarah Good de les torturer afin qu'elles ne puissent témoigner contre elle.
Sarah Osburn fut la seconde à être interrogée. Les questions qu'on lui posa furent les mêmes que pour Sarah Good. Elle nia elle aussi d'avoir été en contact avec le démon; elle expliqua cependant qu'une voix lui avait déjà commandé de ne plus aller à l'église. Elle n'en avait pas tenu compte et elle avait assisté à la messe du dimanche suivant. Elle ajouta que la voix n'avait plus jamais essayé de la tenter. Par contre, les fillettes présentèrent encore des symptômes d'ensorcellement, ce qui convainquit les juges de sa culpabilité. Ils ne cherchaient d'ailleurs que cette conviction.
La dernière à être interrogée fut Tituba, une esclave indienne, ignorante et pleine de superstitions. Elle nia, elle aussi, avoir tourmenté ou fait du mal aux fillettes, mais elle avoua que le démon était déjà venu la voir afin qu'elle se soumette à sa puissance. Il lui était apparu sous différentes formes: en homme aux cheveux blancs, habillé de noir, et en animal. Il lui avait ouvert son Grand Livre noir et elle y avait fait une marque rouge comme le sang. Elle affirma que deux autres marques figuraient dans le livre: celle de Sarah Good et celle de Sarah Osburn. À la fin de l'interrogatoire, les fillettes ainsi que Tituba semblaient être ensorcelées.
Par ailleurs, plusieurs types de personnes étaient plus susceptibles d'être accusées lors des procès de sorcellerie: les nouveaux riches; ceux dont l'accroissement de la fortune laissait supposer une intervention diabolique, les personnes fréquentant très souvent l'église.
Une force irrésistible pousse les sorcières vers l'église, dit Nicolas Rémy, les gens qui changeaient fréquemment de domicile, qui recherchaient la solitude ou qui manifestaient une conduite hors du commun, les vieillards, les idiots et les infirmes, les personnes dont on cherchait à se débarrasser ainsi que les femmes laides et vieilles.
Simone de Beauvoir écrit :
Parce que le destin de la femme est, aux yeux de l'homme, d'être un objet érotique, en devenant vieille et laide, elle perd la place qui lui est assignée dans la société: elle devient un "monstrum" qui suscite de la répulsion et même de la crainte; comme chez certains primitifs, en tombant hors de la condition humaine, elle prend un caractère surnaturel: c'est une magicienne, une sorcière aux dangereux pouvoirs.
C'est ainsi que. sur des bases fortement discutables, six hommes et treize femmes furent pendus. La croyance des habitants et des juges en un monde invisible et maléfique a prévalu sur la plus élémentaire des justices.
Ce n'est qu'après avoir réalisé le nombre de morts que l'opinion publique changea du tout au tout.
A Salem, l'hystérie de la chasse aux sorcières prit fin presque aussi soudainement qu'elle avait commencé.
Il y eut autrefois une époque, où, dans la croyance des gens, le diable était responsable de tout ce qui était mal. Les sécheresses, les phénomènes inexplicables, tout était attribué au démon. Mais celui-ci n'agissait pas seul; il était aidé par bon nombre de sorciers et sorcières que l'on accusait à tort et à travers.
C'est par centaines de milliers que les malheureuses accusées de sorcellerie furent mises à mort. Nombre d'entre elles n'avaient commis d'autre crime que de susciter la jalousie d'une voisine. Et la plupart furent condamnées sur la base d'aveux qui n'étaient pas valables.
Peut-être par ignorance, tout ce que les gens ne pouvaient comprendre était considéré comme inspiré du démon. Toutes les personnes qui exerçaient une profession reliée aux sciences étaient donc très vulnérables aux accusations de sorcellerie.
L'abus de pouvoir des grands magistrats pouvait forcer des hommes ou des femmes à plaider coupable, de peur de se voir torturer de plus en plus cruellement et sauvagement; les bourreaux ne manquaient sûrement pas d'imagination.
Je n'aurais jamais imaginé que par la torture, une personne pût être amenée à dire des mensonges comme ceux que j'ai proférés. Je ne suis pas une sorcière, je n'ai jamais vu le diable et cependant, j'ai été forcée de plaider coupable et d'en dénoncer d'autres, a déclaré une présumée sorcière à un prêtre.
Junius, dans une lettre à sa fille, donne aussi un témoignage émouvant de l'abus de pouvoir dont il fut victime lorsqu'on l'accusa de sorcellerie :
"Cent mille fois bonsoir, Véronica, ma fille chérie. Innocent je suis venu en prison, innocent je dois mourir: car quiconque entre dans cette maison devient forcement sorcier; il est torturé jusqu'à ce qu'il ait inventé et tiré de sa tête quelque chose ou que Dieu ait pitié de lui... Je n'ai jamais renié Dieu; je ne voudrais pas non plus le faire: que Dieu qui le sait me soit secourable! Alors hélas! vint le bourreau! Il me mit les poucettes, mes deux mains liés, le sang jaillit des ongles et de partout; je suis resté quatre semaines sans pouvoir me servir de mes mains, et je ne m'en sers pas bien encore comme tu le vois à mon écriture... Ensuite on m'a lié les mains derrière le dos, hissé sur l'échelle et estrapadé. Il m'a semblé alors que le ciel et la terre s'effondraient; huit fois on a tiré, huit fois on m'a fait retomber; j'en ai ressenti une douleur atroce. Et j'étais tout nu quand cela se passait, car on m'avait déshabillé entièrement... Quand le bourreau après cela me reconduisit en prison, il me dit : Monsieur, je vous en prie, pour l'amour de Dieu, avouez quelque chose, que ce soit vrai ou non. Inventez quoi que ce soit, car vous ne pourrez supporter les tortures auxquelles vous serez encore soumis, et dussiez-vous résister à toutes, vous ne vous en tireriez pas encore, même seriez-vous comte; car une torture suivra l'autre jusqu'à ce que vous ayez dit que vous êtes sorcier..."
Tout au long des siècles, depuis le début de l'humanité, les sorcières ont hanté les nuits de bien des gens. Partout à travers le monde, différents phénomènes de la sorcellerie sont apparus.
Au-delà des époques, du contexte géographique et culturel, au-delà même du développement des peuples, les préjugés prennent le dessus. Que ce soit lors des guerres de religion du 16e siècle, ou encore lors des épidémies de sorcellerie en Italie, de l'Inquisition espagnole, de l'affaire des poisons sous Louis XIV, dont Molière et La Fontaine furent les interprètes, Salem apparaît donc comme un modèle de la chasse aux sorcières avec les mêmes préjugés, les mêmes horreurs et les mêmes injustices.
CONCLUSION
Après avoir étudié les faits, les témoignages de victimes et les causes de la sorcellerie, on croit pouvoir affirmer aujourd?hui que les sorcières n'en étaient pas vraiment. En fait, elles ont été les victimes de leur époque. De la jalousie des autres jusqu'à l'ignorance envers certains phénomènes inexplicables, n'importe quelles raisons, même farfelues, étaient évoquées pour condamner la sorcière accusée.
Ce qu'elles avouaient sous la torture n'était pas nécessairement vrai.
N'importe qui, pour éviter des souffrances toujours plus cruelles, aurait raconté ce que les juges voulaient bien entendre. L'époque dans laquelle se sont déroulés ces événements créait aussi l'environnement nécessaire pour de tels excès. Les différences d'ordre physique tels les grains de beauté ou les cicatrices ne pouvaient être considérées comme des preuves valables. Tout était contre elles. Les tests impossibles à réussir, les jugements préalablement faits dans la tête des juges, tout contribuait leur culpabilité.
Si on la compare à la société d'hier, la société d'aujourd'hui fait preuve de beaucoup plus de tolérance et de compréhension. Notre société accepte plus facilement les différents phénomènes, que ce soit les médecines naturelles, la délinquance ou encore les différences d'ordre religieux, sexuel et physique. Il en est de même pour tout ce qui a trait aux différents rites et langages des sectes dont plusieurs s'apparentent à des actes de pure sorcellerie. La société moderne, principalement occidentale, a atteint un haut niveau de culture qui lui permet de démystifier ces pratiques.
A MEDITER
Mais la tolérance de cette société ne ferait-elle pas de nouvelles victimes? _________________ Morgane
Désolée mais l'équipe et moi-même ne répondrons plus aux messages incompréhensibles
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