Morgane Ange - Modératrice


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Posté le: Dim Aoû 07, 2005 21:25 Sujet du message: La ROSE CROIX .... Histoire |
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Long à lire, il est vrai, mais très intéressant (enfin pour moi)
ROSE+CROIX
Introduction
Le terme "Rose+Croix" désigne diverses associations à caractère ésotérique, s'inspirant des textes relatifs au mystique allemand Christian Rosenkreutz.
Histoire
Les historiens pensent que le mouvement est parti dès 1604, sous l'impulsion du "cénacle de Tübingen", composé de Johann Valentin Andreae, Christoph Besold et Tobias Hess, intellectuels luthériens. A cette date, la tombe de Christian Rosenkreutz (Croix de Rose), mystique allemand mort en 1484 (après avoir séjourné à Damas, puis fondé un cloître en Allemagne), est retrouvée, contenant des formules magiques et des règles de conduite.
En 1614, une lettre ouverte, intitulée "Fama Fraternitatis de l?ordre louable de la Croix de Rose", est envoyée aux sages, savants et chefs de l?Europe.
En 1616, un texte remarquable intitulé "Les Noces chimiques de Christian Rosenkreutz, anno 1454" est publié par Johann Valentin Andreae.
Dans ces manifestes, se retrouvent des points communs avec les idées de Paracelse, médecin alchimiste, et Maître Eckhart, mystique et philosophe. Francis Bacon écrit Nova Atlantis (1625), beau roman initiatique dont le style paraît influencé par le voyage de Christian Rosenkreutz : des naufragés, guidés par une croix céleste, arrivent sur une île où ils trouvent une société initiatique idéale.
L'idée clé est celle de la société occulte, constituée d'hommes engagés sur la voie de la perfection appelés fils occultes, invisibles.
De nombreuses sociétés groupées sous le nom de "Rose+Croix" voient alors le jour en Europe, surtout en Allemagne, certains de leurs membres étant également francs-maçons.
Au 18ème siècle, celle des "Rose-Croix d?or d?ancien système" croît rapidement (plusieurs milliers d?adeptes), sous l'influence de nombreux francs-maçons et alchimistes, pour disparaître dès que deux des membres dirigeants deviennent ministres de Frédéric-Guillaume II de Prusse, initié lui aussi aux pratiques de la société.
La Rose+Croix aujourd'hui
Actuellement, deux ordres principaux existent:
Antiquus Mysticusque Ordo Rosae Crucis, ou AMORC, organisé en 1909 par Harvey Spencer Lewisle, dont le siège international se trouve à San José (Californie). L'enseignement consiste en l'étude de douze lois mystiques fondamentales, la nature de l'âme humaine et ses liens avec Dieu, le but spirituel de la vie, les mystères de la naissance et de la mort, le karma, la réincarnation, les Maîtres Cosmiques et les Anges. C'est le plus important quantitativement : six millions de membres, dont cent mille en France. Jeanne Guesdon, mystique rosicrucienne et martiniste, accède en 1955, à la charge de Grand Maître de l'AMORC.
Lectorium Rosicrucianum, Ecole internationale de la Rose-Croix, dont le siège est aux Pays-Bas. Il s?inspire à la fois des cathares, du Graal et de la Rose-Croix, des antiques mystères chrétiens et publie des livres d?initiation mystique.
L?enseignement comporte, outre les travaux collectifs, une pédagogie tendant à développer la personnalité spirituelle de ses membres, qui reçoivent généralement leurs initiations dans les loges.
Il existe un mouvement rosicrucien johannite, intégrant l'enseignement du "courant de Saint Jean".
ROSE CROIX ET FRANC-MACONNERIE
Pour un non-initié, les Rose-Croix et les Francs-Maçons ont en commun d'appartenir à une école de pensée, à une société secrète, voire même à une ?secte? ésotérique ayant le même genre de préoccupations. Il est un fait que ces deux organisations ont des liens traditionnels et historiques, au point que certaines obédiences maçonniques spiritualistes comportent toujours le grade de « Chevalier Rose-Croix ».
En 1824, Thomas de Quincey publie dans London Magazine un article intitulé « Historico-Critical Inquiry into the origins of the Rosicrucians and the Freemasons », où il indique que la Franc-Maçonnerie n'est ni plus ni moins que le Rosicrucianisme modifié par ceux qui l'ont introduit en Anglererre. Que faut-il en penser ?
Un ésotérisme commun
Sur le plan historique, la Franc-Maçonnerie est née en Angleterre au XVIIIe siècle. Sans procéder directement de la Rose-Croix qui fleurit au siècle précédent, elle se développe dans un terreau préparé par le Rosicrucianisme. Quelques années après sa naissance, la Franc-Maçonnerie intègre d'ailleurs un grade de « Chevalier Rose-Croix », puis en vient même à créer plusieurs mouvements rosicruciens. Sans se livrer à une analyse exhaustive de l'ensemble de ces mouvements et de leurs doctrines, il est intéressant d'évoquer quelques groupes dans lesquels les deux Ordres se sont côtoyés au cours des siècles passés.
A la Renaissance, l'Europe recueille tout un héritage ésotérique venant de l'Antiquité. L'alchimie, la kabbale, l'astrologie et la magie connaissent un grand développement dont le Rosicrucianisme marque l'aboutissement au XVIIe siècle. Ce siècle est aussi en proie à une véritable crise morale. En effet, les progrès de la science ébranlent les fondements de l'Occident chrétien et la religion perd une partie de son autorité. Il s'ensuit un déchirement conduisant aux guerres de religions.
Chacun se réfugie dans l'intégrisme et le fanatisme, et l'Europe est bientôt à feu et à sang. Certains se plaisent alors à rêver à une grande Réforme alliant ésotérisme, religion et science, pour amener l'humanité vers une ère de bonheur, de fraternité et de paix.
Ces idées se cristallisent autour du mouvement rosicrucien, dont les Manifestes sont lus par tous les penseurs d'Europe. Beaucoup souhaitent s'associer à ce projet. Hélas, cet élan est bientôt brisé par la guerre de Trente Ans.
Au XVIIIe siècle, la Franc-Maçonnerie reprend ces idées de Réforme en Angleterre. C'est ce qui explique pourquoi certains auteurs, comme J. G. Buhle en 1804 ou Thomas de Quincey en 1824, voient en elle une émanation de la Rose-Croix. Certes, on ne peut souscrire totalement à ce point de vue. Cependant, force est de constater que les fondateurs de la Franc-Maçonnerie s'inscrivent dans la mouvance rosicrucienne anglaise du XVIIIe siècle. Cela dit, on trouve dès 1638 une référence aux relations entre les deux mouvements dans The Muses, un poème d'Adamson publié à Edimbourg. Ce texte indique : « Car nous sommes des Frères de la Rose-Croix ; nous possédons le mot de Maçon et la double vue ».
Quelques années plus tard, le 10 octobre 1676, le Poor Robin's Intelligence publie une notice indiquant que « l'Ancienne Fraternité de la Rose-Croix, les Adeptes de l'Hermétisme et de la Compagnie des Maçons Acceptés, ont décidé de dîner ensemble ». Ce lien sera encore souligné dans un article du Daily Journal du 5 septembre 1730 qui indique : « Il existe une Société à l'étranger, de laquelle les Francs-Maçons anglais [?] ont copié quelques cérémonies, et s'efforcent de persuader le monde qu'ils en sont issus et lui sont identiques. On les appelle Rosicruciens ».
Sans être héritière de l'autre, on peut donc constater que Rose-Croix et Franc-Maçonnerie s'interpénètrent d'une curieuse manière.
Il faut remarquer également que les deux plus anciennes références relatant des initiations maçonniques concernent des hommes ayant été en relation directe ou indirecte avec le Rosicrucianisme.
La première concerne sir Robert Moray. Elle rapporte que le 20 mai 1641, il fut initié à la Maçonnerie dans la Loge Mary's Chapel d'Edimbourg. Il est intéressant de noter que Robert Moray, l'un des membres fondateurs de la Royal Society, passionné d'alchimie, est le protecteur de Thomas Vaughan (1622-1666). Or, ce dernier, sous le pseudonyme d'Eugenius Philalethe, est l'auteur de The Fame and Confessio (1652), traduction anglaise de la Fama Fraternitatis et de la Confessio Fraternitatis. La seconde référence se rapporte à Elias Ashmole (1617-1692). Dans une note, il rapporte qu'il fut admis dans une Loge maçonnique à Warrington, le 16 octobre 1646. Six ans plus tard, il publie le « Theatrum Chemicum Britannicum » (1652), un volume qui regroupe une importante collection de traités alchimiques. Dès les premières lignes de son livre, Elias Ashmole se réfère à la « Fama Fraternitatis » pour mettre en évidence l'importance de l'alchimie en Angleterre. Il rappelle aussi que le premier Manifeste rosicrucien indique qu'un des quatre premiers compagnons de Christian Rosenkreutz, le « Frère I.O. », était venu en Angleterre. Outre ses nombreuses références à Michael Maïer, célèbre défenseur du Rosicrucianisme, il faut savoir que l'on a retrouvé dans les papiers d'Ashmole une copie autographe de la « Fama Fraternitatis » et de la « Confessio Fraternitatis », ainsi que le texte d'une lettre dans laquelle il demandait son admission dans la Rose-Croix.
Maître Hiram et Christian Rosenkreutz
Si les activités de la Franc-Maçonnerie débutent au XVIIe siècle, il est généralement admis que l'acte fondateur de cette Société date du 24 juin 1717. C'est à ce moment que sont fondées les Grandes Loges de Londres et de Westminster. Mais la date qui marque le mieux la fondation de la Franc-Maçonnerie est celle qui voit la publication de la « Constitution d'Anderson » (1727) par le duc de Wharton, son Grand Maître à l'époque.
Ce texte, présenté comme une refonte et une correction de « vielles archives » maçonniques, fut rédigé par James Anderson, Jean-Théophile Désaguliers et Georges Payne. Les « archives » en question sont les « Old Charges », ou « Anciens Devoirs », textes appartenant aux anciennes guildes de Maçons opératifs, dont les plus anciens remontent à 1390 (ex. : Regius, 1390, et Cooke, 1410).
Mais plutôt que de descendre directement des anciennes guildes de Maçons opératifs (les Constructeurs) la Franc-Maçonnerie est une Société de penseurs ? on parle de Maçonnerie spéculative ? qui a emprunté une partie de sa symbolique aux Constructeurs.
Au XVIIIe siècle, la Franc-Maçonnerie n'a pas l'organisation que nous lui connaissons aujourd'hui. Elle ne prend sa structure de base, composée de trois degrés, Apprenti, Compagnon, Maître (Maçonnerie bleue) qu'après quelques années. Elle ne comportait initialement que deux grades, ceux d'Apprenti-entré et de Compagnon. Un troisième, dit de Maître, apparaît vers 1730.
Il faut attendre la seconde édition de la Constitution d'Anderson, celle de 1738, pour trouver une référence officielle à ce degré, et patienter jusqu'en 1760 pour que la symbolique qui lui est attachée, celle du mythe d'Hiram, soit vraiment admise en Angleterre (1).
En France, le grade de Maître n'apparaît qu'à partir de 1744. Sous certains aspects (comme celui de la symbolique liée à la découverte du tombeau du Maître), Hiram reprend des traits de Christian Rosenkreutz. Faut-il voir dans Hiram, comme l'indique Antoine Faivre, un fils de Christian Rosenkreutz ? « Fondateur mythique lui aussi, le premier serait alors un Christian réduit à la relative abstraction dans la galerie des grandes figures hiératiques de la ?Tradition? » (2).
A ses débuts, la Franc-Maçonnerie ne se présente pas véritablement comme une Société initiatique. Ses cérémonies sont d'ailleurs qualifiées de « rites de réceptions ». Le terme « initiation » n'apparaît dans ses textes que vers 1728-1730, et il ne deviendra officiel en France qu'à partir de 1826 (3).
Même si le rituel propre à la Maçonnerie confère un aspect mystérieux à ses réunions, les Loges sont essentiellement des lieux où l'on pratique la philanthropie et où l'on cultive les beaux-arts. Ce n'est que progressivement qu'elle va développer un aspect initiatique et ésotérique (4). Quelques années plus tard, la structure hiérarchique des grades maçonniques s'enrichit. Le 26 décembre 1736, le chevalier André-Michel Ramsay (1686-1747), disciple de Fénelon et de Mme Guyon, prononce à la Loge parisienne du Louis d'Argent, un discours qui va entraîner l'apparition de ce que l'on appelle les « hauts grades » ou « écossisme », c'est-à-dire les degrés supérieurs à celui de Maître (5). Dans son discours, Ramsay présente la Franc-Maçonnerie comme étant la résurrection de la « religion noachite », une religion primordiale, universelle et sans dogmes. Il ajoute que c'est par les Croisades que ce Saint Ordre a été ramené en Grande Bretagne avant de se répandre dans le reste de l'Europe.
Bientôt, des symboles et des thèmes empruntés à l'Ancien Testament, à la Chevalerie, aux Templiers, ainsi qu'aux Sciences occultes comme l'alchimie, l'astrologie, la kabbale et la magie, stimulent l'imagination de Francs-Maçons désireux de créer des hauts grades (6). Vers 1740, ces grades vont proliférer avec une anarchie qui prendra fin en décembre 1773. C'est parmi ces hauts grades que réapparaît la Rose-Croix, en y faisant parfois figure de « grade terminal », voire de « nec plus ultra » de la Franc-Maçonnerie (7). Cependant, certains Maçons tentent aussi de séparer le Rosicrucianisme de la Maçonnerie pour constituer des Ordres autonomes.
L'ordre de la Rose-Croix d'or et de la Rose rouge
C'est d'abord sous les auspices de l'alchimie que la Rose-Croix va réapparaître dans la Franc-Maçonnerie. En 1710, soit sept ans avant la publication de la Constitution d'Anderson, Sincerus Renatus (Samuel Richter), un pasteur luthérien qui se disait disciple de Paracelse et de Boehme, publie « La vraie et parfaite préparation de la Pierre Philosophale par la Fraternité de l'Ordre de la Rose-Croix d'Or et de la Rose Rouge... » (Breslau, 1710).
Il s'agit d'un traité d'alchimie qui donne en appendice cinquante deux règles de l'Ordre de la Rose-Croix d'Or et de la Rose Rouge. Ce livre s'inspire de « l'Échos de la Fraternité, par Dieu hautement illuminée, de l'illustre Ordre R.C. » (1615) de Julius Sperber, ainsi que du « Témis d'or, ou des lois et ordonnances de l'illustre fraternité R.C. » (1618) de Michael Maier. En fait, l'Ordre décrit par Sincerus Renatus ne semble pas avoir existé. Cependant, le terme de « Rose-Croix d'Or » va connaître une certaine fortune et quelques règles présentées dans son livre se retrouveront plus tard dans les instructions du grade maçonnique-rosicrucien des « Princes Chevaliers Rose-Croix ».
En 1749, Hermann Fictuld publie son « Aureum Vellus », dans lequel il évoque une Société des Rose-Croix d'Or qu'il présente comme l'héritière de l'Ordre de la Toison d'Or fondé par Philippe le Bon en 1492. Vers 1757, il crée un rite maçonnique à tendance alchimique et piétiste, composé d'un ensemble de grades rosicruciens : la Societas Roseae et Aureae Crucis ou Fraternité des Rose-Croix d'Or. Cette Société essaime dans plusieurs villes comme Francfort-sur-Mein, Marburg, Kassel, Vienne et Prague. Elle semble s'éteindre vers 1764.
En réalité, elle se réforme grâce à Schleiss von Löwenfeld, Joseph Wilhelm Schröder, Christian Knorr von Rosenroth, Friedrich Christoph Oetinger et François van Helmont. Finalement, elle donne naissance à un autre rite maçonnique rosicrucien qui apparaît entre 1770 et 1777 en Bavière, en Autriche, en Bohème et en Hongrie. Il fut d'abord adopté par une Loge maçonnique de Ratisbonne, la « Croissante aux Trois Clefs ». En 1771, il est adopté également par une Loge de Vienne, l' « Espérance », qui donne naissance à une nouvelle Loge : les « Trois Épées ». Cette dernière devient la pépinière de ce rite maçonnique rosicrucien. On y cultive l'alchimie et la théurgie.
L'ordre de la Rose-Croix d'or d'ancien système
A partir de 1776, deux membres de la Loge des « Trois Épées », Johann Rudolf von Bischoffswerder (1714-1803), officier prussien puis ministre de la guerre à la mort du grand Frédéric, et Jean Christophe Wöllner (1732-1800), pasteur, instaurent un nouvel Ordre maçonnique rosicrucien : l'Ordre de la Rose-Croix d'Or d'Ancien Système.
La Loge des « Trois Globes » de Berlin devient le centre de ses activités. Cet Ordre adopte une hiérarchie de neuf grades : Juniores, Theoretici, Practici, Philosophi, Minores, Majores, Adepti Exempti, Magistri et Magi, dont les aspects symboliques sont présentés dans les textes de la Réforme adopté lors de la Convention que l'Ordre tient à Prague en 1777. Comme l'indique René Le Forestier, les enseignements des Juniores reproduisent textuellement cent dix pages de l' « Opus mago-cabbalisticum et theosophicum ».
L'Instruction et le rituel des Theoretici reprend mot-à-mot le Novuin laboratorium chemicum, de Christophe Glaser (1677). Quand aux opérations alchimiques enseignées aux Magistri, elles sont empuntées à deux livres de Henri Khunrath ( : la « Confessio de Chao-physico chemycorum catholico » (1596) et l' « Amphiteatrum sapientiae aeternae » (1609).
La symbolique et les enseignements de l'Ordre de la Rose-Croix d'Or d'Ancien Système sont nettement orientés vers l'alchimie opérative. Ils revendiquent une filiation remontant à Ormus, un Égyptien baptisé par saint Marc et qui aurait fondé l'Ordre. En 151, les Esséniens se seraient joints à cet Ordre, qui aurait gagné l'Europe par les Croisés et les Templiers.
Quoi qu'il en soit, il se différencie nettement du Rosicrucianisme du siècle précédent, plus mystique, dont le projet était celui d'une grande Réforme intellectuelle et religieuse, propre à apporter la prospérité et la paix à l'humanité. Après avoir donné naissance aux Frères Initiés de l'Asie, il fut mis en sommeil par ses fondateurs en 1787. Il faut noter néanmoins que c'est dans sa mouvance, où se mêlent Alchimie, Rosicrucianisme et Franc-Maçonnerie que naît le célèbre livre des « Symboles secrets des Rosicruciens des XVIIe et XVIIIe siècles » (Altona, 1785 et 1788) (9). Composé essentiellement de traités alchimiques magnifiquement illustrés, il est souvent présenté comme le livre rosicrucien le plus important après les trois Manifestes (« Fama Fraternitatis », 1614 ; « Confessio Fraternitatis », 1615 ; « Noces chymiques de Christian Rosenkreutz », 1616).
Le grade Rose-Croix
C'est au moment où naît l'Ordre de la Rose-Croix d'Or d'Ancien Système qu'apparaît à l'intérieur de la Franc-Maçonnerie le haut grade Rose-Croix. Son existence est attestée pour la première fois en 1757 sous le nom de « Chevalier Rose-Croix », dans les activités de la Loge des « Enfants de la Sagesse et Concorde ».
Très vite, ce grade de Rose-Croix est considéré comme le nec plus ultra de la Maçonnerie. Il est le septième et ultime grade du Rite Français de 1786, et le dix-huitième du Rite Écossais Ancien et Accepté. Il présente cependant une spécificité qui va susciter de nombreux débats.
En effet, alors que l'ensemble des grades maçonniques insistent sur l'universalité de la sagesse, ce grade est spécifiquement chrétien. C'est la raison pour laquelle certains Francs-Maçons tenteront de le déchristianiser au XIXe siècle en proposant une interprétation philosophique de son symbolisme (10). Dans son « Étoile Flamboyante » (1766), le baron de Tschoudy y voit « le Catholicisme mis en grade ». Il est vrai que la symbolique de ce grade ne renvoit pas aux thèmes que l'on retrouve dans le Rosicrucianisme du XVIIe siècle. Il met en scène le Calvaire au Golgotha, la Résurrection du Christ et comporte des agapes où l'on partage le pain et le vin, une cérémonie qui s'apparente à la Cène.
Les plus anciens rituels du grade Rose-Croix date de 1760 (Strasbourg) et 1761 (Lyon), sous le titre de « Chevalier de l'Aigle et du Pélican ou le Souverain Prince de Rose-Croix et d'Hérédom ».
Le discours d'introduction à ce grade évoque l'origine de la sagesse des Rose-Croix : « individus qui, pendant bien des siècles, s'en assurèrent la possession exclusive en se servant d'un voile impénétrable ; c'est ce qui donna lieu à ces institutions célèbres dont les Sabéens et les Brames (sic) sont des restes sublimes. Les Mages, les Hiérophantes, les Druides furent autant de branches de ces mêmes Initiés » (version de 1765 à la Bibliothèque historique de Paris). On retrouve ici l'idée de Tradition Primordiale chère à l'Hermétisme de la Renaissance et au Rosicrucianisme du XVIIe siècle.
En outre, les Rose-Croix y sont présentés comme les héritiers d'une chaîne d'Initiés dont les maillons sont les Égyptiens, Zoroastre, Hermès Trismégiste, Moïse, Salomon, Pythagore, Platon et les Esséniens. Cette lignée rappelle celle évoquée par Michael Maier dans le « Silentium Post Clamores » (1617).
On retrouvera cette idée dans un autre discours de 1801, le « Régulateur des Chevaliers Maçons ou les quatre Ordres supérieurs suivant le régime du G... O... », où la Franc-Maçonnerie est présentée comme une Science des Sages héritée des Sabéens, des Brames (sic), des Mages, des Hiérophantes, des Druides et des Chevaliers Rose-Croix, descendants d'une lignée d'Initiés remontant aux Égyptiens, à Zoroastre, Trismégiste, Moïse, Salomon, Pythagore, Platon et aux Esséens (sic, pour Esséniens).
La Societas Rosicruciana in Anglia
A la fin des années 1860, la Franc-Maçonnerie anglaise donne naissance à une nouvelle Organisation rosicrucienne : la Societas Rosicruciana In Anglia (S.R.I.A.). Son fondateur est Robert Wentworth Little (1840-1878), trésorier de la Grande Loge Unie d'Angleterre. Il disait avoir été initié dans la Rose-Croix à Edimbourg, au sein d'une Société rosicrucienne écossaise dirigée par Anthony O'Neal Haye. Ce dernier aurait possédé le plus ancien grade maçonnique rosicrucien existant. Plus tard, en 1892, Wynn Westcott assurera qu'il existe un lien entre cette Société et la Rose-Croix d'Or du XVIIIe siècle, mais il sera incapable de le démontrer. La S.R.I.A. est réservé aux Maîtres Maçons chrétiens. Elle reprend la hiérarchie de la Rose-Croix d'Or d'Ancien Système.
Parmi les membres importants de la S.R.I.A., notons Kenneth R. H. Mac Kenzie, Hardgrave Jennings, Stainton Moses et William Wynn Westcott (1848-1925). Ce dernier participera à la création d'un autre Ordre maçonnique rosicrucien qui connaîtra une certaine fortune : l'Hermetic Order Of The Golden Dawn.
The Hermetic order of the golden dawn
A la fin des années 1880, William Wynn Westcott recueille des manuscrits comportant cinq rituels codés. Ces textes, qui auraient appartenu à Baal Shem Tov puis à Eliphas Lévi, aurait été trouvés chez un bouquiniste dans un exemplaire des « Symboles Secrets des Rosicruciens des XVIIe et XVIIIe siècles ».
Ils indiquaient l'adresse d'un représentant de l'Ordre de la Rose-Croix en Allemagne : Anna Sprengel. A la suite de leur rencontre avec cette dernière, William Wynn Westcott, Samuel Mathers et R. William Woodman fondent à Londres la Loge « Isis-Urania », bientôt suivie par la création de la Loge « Athathoor », à Auteuil. Ainsi naît l'Hermetic Order Of The Golden Dawn, dont Samuel Mathers devient le Grand Maître. Cette histoire est en partie légendaire, car il n'a jamais pu être démontré qu'Anna Sprengel avait réellement existé.
Les rituels de la Golden Dawn mettent en ?uvre une théurgie et des théories qui empruntent beaucoup aux Kabbalistes chrétiens de la Renaissance. Cette caractéristique éloigne cet Ordre du Rosicrucianisme originel de XVIIe siècle, qui avait délaissé les pratiques magiques pour prendre un caractère plus mystique, orienté vers une alchimie intérieure. De nombreux Francs-Maçons le fréquentent, estimant qu'ils y trouvent une pratique ésotérique plus vaste que dans la Franc-Maçonnerie traditionnelle.
La Golden Dawn connaît un succès immédiat et devient vite l'une des Organisations maçonniques rosicruciennes anglaises les plus importantes. Elle compta parmi ses membres des personnalités aussi illustres que le poète William Butler Yeat ou le physicien et chimiste William Crookes.
L'ordre des templiers d'Orient
Parmi les multiples Ordres rosicruciens émanés de la Franc-Maçonnerie, il convient de terminer par l'Ordre des Templiers d'Orient (O.T.O.), un groupe qui fit couler beaucoup d'encre par ses dérives. Son principal animateur fut Theodor Reuss, un membre de la S.R.I.A. allemande, la Societas Rosicruciana in Germania. Il disait avoir été initié dans ?l'authentique Rose-Croix? par Carl Kellner, en juillet 1893. Il présentait l'O.T.O. comme une sorte d'académie maçonnique dont la fonction réelle était de cacher un Ordre rosicrucien secret descendant directement des Rose-Croix ?originaux et authentiques?. Il prétendait également que le quartier secret de cet Ordre était à Reuss, une principauté située près de Leipzig, dans la Thuringer Wald. Ce n'est qu'après la mort de Kellner, vers 1902, que Theodor Reuss réussit véritablement à instaurer l'O.T.O. Aleister Crowley contribua à conduire cet Ordre dans une voie n'ayant rien à voir, ni avec le Rosicrucianisme ni avec la Franc-Maçonnerie. Papus comme d'autres se laissa abuser quelque temps par l'O.T.O., mais cette Organisation fut rapidement suspecte. Elle prit fin en 1923, avec la mort de Theodor Reuss. Plusieurs de ses disciples tentèrent de poursuivre son ?uvre, les uns vers l'ésotérisme, les autres vers les pratiques magiques les plus farfelues.
Comme on peut le voir, le Rosicrucianisme et la Franc-Maçonnerie se sont souvent côtoyés au cours des siècles passés. Bien que n'étant pas vraiment à l'origine de la Franc-Maçonnerie, le Rosicrucianisme a constitué un terreau favorable à son développement. Peu après sa fondation, la Franc-Maçonnerie a généré de son côté des mouvements rosicruciens et le grade de Rose-Croix, considéré comme l'un des plus prestigieux. Cette juxtaposition des deux Ordres n'est pas surprenante. En effet, les Rosicruciens du XVIIe siècle voulaient créer un mouvement pour réfléchir à une Réforme de la science et de la spiritualité, en vue de construire une société plus fraternelle, plus tolérante et plus humaniste. Or, c'est ce même projet que la Franc-Maçonnerie se fixait à l'origine.
Précisons également que le Rosicrucianisme se perpétua depuis le XVIIe siècle jusqu' à nos jours à travers des Organisations rosicruciennes totalement indépendantes de la Franc-Maçonnerie.
Notes :
(1) Sur l'apparition du degré de Maître, voir Goblet d'Alviella : Des Origines du Grade de Maître dans la Franc-Maçonnerie, Paris 1983, et Trédaniel et Roger Dachez : Essai sur l'origine du grade de Maître, dans Renaissance Traditionnelle n° 91-92, juillet-octobre 1992.
(2) Antoine Faivre : Accès de l'ésotérisme occidental, Paris, 1996, Gallimard, tome 2, p. 285.
(3) Irène Mainguy : Les Initiations et l'initiation maçonnique, Paris 2000, Éditions Maçonniques de France, p. 80.
(4) A ce titre, il est intéressant de signaler que c'est en 1742 qu'apparaît pour la première fois le néologisme ?ésotérisme? sous la plume de Louis-François La Tierce. Ce Franc-Maçon est l'auteur de Nouvelles obligations et Statuts de la très vénérable confraternité des Francs-Maçons, (1742), adaptation et traduction française de la Constitution d'Anderson et du Discours de Ramsay. Ce livre a beaucoup contribué à faire connaître la Maçonnerie en Europe.
(5) Le Discours du Chevallier de Ramsay est conservé aux Archives municipales d'Épernay (manuscrit 124). Ramsay composera un peu plus tard, en mars 1737, une seconde version de ce discours, plus longue que la première, dans laquelle il lancera l'idée d'une Grande Encyclopédie.
(6) Notons que Ramsay, en ce qui le concerne, n'a créé aucun rite ni grade. Cependant, il est considéré comme celui qui à donné l'impulsion à ce mouvement.
(7) A ce sujet, voir l'article de Michel Piquet : «Le Grade de Rose-Croix : les sources du ?Nec plus Ultra?», Renaissance Traditionnelle n° 110-11, juillet 1997.
( René Le Forestier : La Franc-maçonnerie templière et occultiste, Paris, 1970, Aubier.
(9) Cet ouvrage magnifique est actuellement édité par Diffusion Rosicrucienne.
(10) Le lecteur intéressé sur ce point lira avec profit l'article passionnant de Pierre Mollier : Le grade maçonnique de Rose-Croix et le Christianisme : enjeux et pouvoir des symboles, Politica Hermetica n° 11, 1997.
PENSEES DE ROSE CROIX
L'Ordre de la Rose-Croix a compté parmi ses membres des personnages célèbres ayant oeuvré dans des domaines divers. Grâce à leur érudition, leur savoir-faire, leur sensibilité et autres qualités, ils contribuèrent à l'enrichissement de la culture rosicrucienne. Inversement, leur appartenance à l'Ordre éveilla davantage en eux le désir de mettre leurs compétences et leurs talents au service des autres.
Voici donc quelques citations extraites de leurs oeuvres ou de leurs propos.
"Le Livre de la Sagesse est une reconnaissance de la Vérité, et la Vérité est Dieu, car Celui qui est la cause de toutes les choses est la source de la Sagesse. Il est le Livre dans lequel la Vérité peut être trouvée sans interpolation ni erreur. En Lui et par Lui seul, il nous est possible de découvrir la Sagesse et d'agir sagement. Sans Lui, tout notre savoir ne serait que sottise. De même que le Soleil brille sur nous du haut des cieux, de même les talents nécessaires à l'exercice d'un art dont les germes existent dans le coeur humain, doivent être développés aux rayons du Soleil de la Divine Sagesse. Ce n'est pas dans les livres que nous trouverons la Sagesse, pas plus que dans les choses extérieures. Nous ne pouvons la trouver qu'en nous-mêmes".
Théophraste PARACELSE (1496-1541)
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"Comme on demandait à Socrate quelle était sa patrie, il répondit qu'il était cosmopolite ou citoyen du monde. Il voulut indiquer par là que, bien que né de corps à Athènes, il parcourait librement, par son esprit, le monde entier et tout ce qu'il contient, puisque le sage a pour patrie la Terre entière pour qu'il y vive bien. Sage est donc celui qui possède une patrie commune avec tous les hommes, car il n'arrive pas que l'on naisse à deux endroits à la fois... Certes, si l'on veut accomplir de grandes choses, ce n'est pas un facteur dénué d'importance que de naître dans une patrie noble et puissante. Mais il est plus grand encore de se distinguer par ses propres vertus, même si l'on appartient à une pauvre nation, et de procurer soi-même de la lumière à son pays".
Michael MAIER (1568-1622)
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"La plus grande erreur de toutes consiste à se méprendre sur le but véritable de la Connaissance, car certains ne sont poussés vers elle que par une curiosité naturelle et un tempérament avide de savoir ; d'autres, pour entretenir dans leur mental la variété et un certain plaisir ; d'autres, par ostentation et pour être bien considérés ; d'autres encore, dans un but d'émulation et pour la victoire ; beaucoup, par l'appât du gain ou pour gagner leur vie, et peu seulement pour se servir du don divin de la raison dans l'intérêt de l'humanité".
Francis BACON (1561-1626)
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"Il y a, caché en l'homme, un trésor tellement remarquable et merveilleux que les sages ont estimé que la parfaite sagesse consiste pour lui à se connaître, c'est-à-dire à découvrir le Mystère secret qui se cache réellement au-dedans de lui. L'homme est le ?centrum et miraculum mundi?, le ?centre et le miracle du monde? qui contient en lui-même les propriétés de toutes les créatures, aussi bien célestes que terrestres. Vraiment, Dieu n'aurait pu choisir meilleure demeure qu'en lui. Par conséquent, dans notre réflexion et dans nos recherches concernant un si grand Mystère, il nous faut procéder avec la plus juste discrétion et le plus grand jugement, en partant du visible pour aller vers l'invisible, ou en partant de l'homme extérieur pour pénétrer dans son être intérieur, secret et mystique".
Robert FLUDD (1574-1637)
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"L'âme humaine est l'image même de Dieu. Mais il ne suffit pas que l'univers se reflète en elle ; il faut encore qu'elle en prenne conscience. Pour cela, il faut que notre intelligence, non seulement se pense elle-même, mais aussi qu'elle pense tout ce qui est en dehors d'elle. Destinée merveilleuse en vérité... C'est pourquoi nous pouvons trouver une pure et très sainte Connaissance si nous parvenons à nous isoler de toute influence extérieure et si nous nous laissons guider par notre Lumière intérieure. A ce stade de méditation, notre esprit est capable de s'unir à toute chose sur laquelle il dirige son attention, et même d'atteindre Dieu".
Jean-Baptiste VAN HELMONT (1577-1644)
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"Comment serait-il possible que je puisse savoir que je doute et que je désire, c'est-à-dire qu'il me manque quelque chose et que je ne suis pas parfait, si je n'avais en moi aucune idée d'un Être plus parfait que le mien, par la comparaison duquel je peux connaître les défauts de ma nature ? Lorsque je considère que je doute, c'est-à-dire que je suis une chose incomplète et dépendante, l'idée d'un Être complet et indépendant, c'est-à-dire Dieu, se présente à mon esprit avec distinction et clarté".
René DESCARTES (1596-1650)
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"L'ordre de l'univers repose sur les lois de la Création, de telle façon que les plans inférieurs dépendent des plans médians, que les plans médians dépendent des plans supérieurs, que les plans supérieurs dépendent du Suprême Souverain. Outre ceci, il faut savoir que les plans supérieurs et inférieurs présentent une similitude, et que par des liens médians imperceptibles, ils entretiennent une relation cohérente et se combinent au bénéfice de la Nature. Cette relation est telle que si nous considérons l'harmonie en sens inverse, nous constatons que les plans supérieurs peuvent être attirés par les plans inférieurs, et les choses surnaturelles par les choses naturelles, comme le dit la maxime d'Hermès : ?Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas?. Et sur cette base, les sages conçoivent qu'il n'est aucunement insensé de pouvoir nous élever à travers chaque plan jusqu'au Créateur de toutes choses, jusqu'à la Cause première".
Élias ASHMOLE (1617-1692)
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"Par ce désir d'éducation universelle, nous voulons que les hommes, ensemble ou pris isolément, jeunes ou vieux, riches ou pauvres, nobles ou roturiers, hommes ou femmes, puissent pleinement s'instruire et devenir des êtres humains achevés. Nous voulons qu'ils soient instruits parfaitement et formés, non seulement sur tel ou tel point, mais également sur tout ce qui permet à l'homme de réaliser intégralement son essence, d'apprendre à connaître la Vérité, à ne pas être trompé par des faux-semblants, à aimer le bien et ne pas être séduit par le mal, à faire ce qu'on doit faire et se garder de ce qu'il faut éviter, à parler sagement de tout avec tout le monde ; enfin, à toujours traiter les choses, les hommes et Dieu avec prudence et non à la légère, et à ne jamais s'écarter de son but : le bonheur".
COMÉNIUS (1592-1670)
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"En vérité, tant que nous suivons nos seules fantaisies et bâtissons notre conception du monde sur nos imaginations, nous cheminons à tâtons sur le sentier de la vie, comme des aveugles. Au contraire, si nous mettons nos pensées en ordre et les confirmons par l'expérience, nous sommes sur la bonne voie, car l'expérimentation est une loi naturelle que nous devons utiliser comme guide. Si nous en restions uniquement à nos suppositions, sans faire usage des lois de la nature, c'est en vain que Dieu l'aurait créée. Il est donc nécessaire de tenir compte de ces lois. Ainsi donc, penser pouvoir trouver la Vérité par la seule imagination ou par la seule contemplation, est une folie aussi grande que de voyager sur un chemin les yeux fermés, sans l'assistance de la lumière".
Thomas VAUGHAN (1622-1665)
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"L'homme sage est supérieur à l'ignorant, et il dépasse en puissance celui qui est seulement guidé par ses appétits physiques. Car l'ignorant n'est pas simplement conduit par des causes extérieures, ici et là, en de multiples voies, sans atteindre jamais la vraie paix de l'âme. Il vit aussi dans l'ignorance de lui-même, de Dieu et de sa Création. Tandis que l'homme sage, en tant que tel, éprouve peu de trouble en son coeur et jouit toujours de la paix intérieure. Même si la route conduisant à l'âme semble très difficile, encore peut-elle être trouvée. Et si elle est parfois difficile à trouver, c'est parce qu'elle est trop peu souvent cherchée. Mais si la connaissance reposait à portée de main et pouvait être trouvée sans grand dommage, elle ne serait pas négligée par presque tous ? En cela, tout ce qui est noble est aussi difficile que rare".
Baruch SPINOZA (1632-1677)
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"Cet arrangement aussi extraordinaire du Soleil, des planètes et des comètes n'a pu avoir pour source que le Dessein d'un Être intelligent et puissant, qui gouverne tout et que l'on pourrait appeler ?Gouverneur universel?. Il est omniprésent, non par Sa Vertu seule, mais aussi par Sa Substance, car la Vertu sans la Substance ne peut pas subsister. De même que nous sommes sensibles aux objets quand leur image nous arrive à l'esprit, de même Dieu est sensible à toute chose. Car de même qu'Il est présent dans l'espace où il n'y a pas de corps, de même Il est présent dans les corps qui se trouvent dans l'espace... En Lui tout est embrassé et mû, mais sans passion réciproque. Car Dieu ne souffre rien de la part des corps en mouvement, et ceux-ci n'éprouvent aucune résistance qui viendrait de l'Omniprésence de Dieu".
Isaac NEWTON (1642-1727)
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"Ci-gît, le corps de Benjamin Franklin, imprimeur, semblable à la couverture d'un vieux livre aux pages arrachées, abandonné aux vers, avec son titre et sa dorure effacés. L'oeuvre ne se perdra pas car, comme il le croyait, elle reparaîtra encore une fois dans une édition nouvelle et plus élégante, revue et corrigée par l'Auteur".
Benjamin FRANKLIN (1706-1790)
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"Comme le vent du Sud, comme l'éclatante lumière du Midi qui caractérise la pleine connaissance des choses et la communion active avec Dieu, je viens vers le Nord, vers la brume et le froid, abandonnant partout à mon passage quelques parcelles de moi-même, me dépensant, me diminuant à chaque station, mais vous laissant un peu de clarté, un peu de bonheur, un peu de force, jusqu'à ce que je sois enfin arrêté et fixé définitivement au terme de ma carrière, à l'heure où la Rose fleurira sur la Croix".
CAGLIOSTRO (1743-1795)
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"Qu'elle est grande et noble notre destinée, ô hommes, mes semblables ! Nous sommes au sommet de la chaîne des êtres créés dans ce monde matériel. Intermédiaires entre les anges et les animaux, notre âme, par le sentiment, nous élève à la classe des purs esprits, quoique retenus ici-bas par la masse pesante de nos corps. Les facultés dont nous possédons le germe sont infinies, de même que les moyens d'arriver à une plus haute destinée, à la perfection, à l'assimilation avec la Divinité. Tout nous annonce que nous ne sommes que des voyageurs ici-bas, et celui qui le sait ne s'arrête point inutilement dans ce voyage, mais suit le chemin qui lui a été tracé par la Providence ; il se hâte... Avancement vers la perfection, voilà le bien, le vrai bien ; et le vrai bien, c'est le but de notre destinée. Etre vertueux, c'est aspirer à une ressemblance avec la Divinité, se rapprocher de la vocation de l'homme, avancer vers l'unité de la créature et du Créateur".
Karl von ECKHARTSHAUSEN (1752-1803)
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"L'essence de l'art est de figurer le mystère et non de l'expliquer, de le rendre présent et non conceptible, de le produire et non de le dévoiler. L'art est lui-même un voile jeté sur l'indéfinissable. Il est l'ensemble des moyens réalisateurs de la beauté, et la beauté est l'essence de toute expression par les formes... Si on envisage le caractère bienfaisant de l'art, il faut le maintenir à une extrême hauteur. Rien ne profite à l'homme qui ne le hausse et ne lui impose un effort d'âme... Mais notre âme a une tendance perpétuelle vers l'ordre, vers la beauté. L'ordre moral ou spirituel, de même que l'ordre physique ou naturel, constitue ce beau avec lequel elle a une éternelle sympathie".
Joséphin PÉLADAN (1858-1918)
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"Le plus grand ennemi de l'homme n'est autre que son propre ego, car celui-ci, tant qu'il n'est pas maîtrisé, le rend sourd et aveugle au bien. Mais Dieu a donné à l'homme une précieuse amie, son âme elle-même, qui n'a de cesse que de se faire entendre à lui et de le guider vers la Lumière qu'il recherche plus ou moins consciemment".
Marie CORELLI (1864-1924)
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"Chaque offense faite à notre Immortalité divine est une dette que nous contractons librement envers nous-mêmes et dont nous devrons nous acquitter dans cette incarnation ou la prochaine. Ainsi que l'enseignait Pythagore, nous générons sans cesse notre avenir par l'emploi que fait notre volonté du présent. Or, il est un moyen d'ouvrir rapidement la porte de notre Ciel intérieur : c'est de sacrifier un peu de notre individualité en faveur d'un peu de notre universalité. Notre vie égoïste est en nous, mais notre vie morale est dans les autres. Ce n'est qu'en agissant au profit des autres que nous agissons en mode d'évolution, d'éclaircissements ; tandis qu'en agissant à notre seul profit, nous agissons en mode d'involution, d'obscurcissement".
Gérard ENCAUSSE / PAPUS (1865-1916)
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"Tu n'auras pas d'autre demeure que ton c?ur, car sur la Terre où nous sommes des voyageurs, nul ne bâtira sa demeure permanente : Tu n'auras pas d'autre demeure que ton c?ur. Alors, autour de lui, dans l'atmosphère ardente qui naît de lui, qui l'enveloppe et qui aspire tous les rayons des choses qu'il désire, évoque le silence et le divin silence... Le silence est le vase où tu bois la beauté. Toi qui passes ici, certains mais balloté entre ta vie réelle et ta vie apparente, ta vie réelle et ta vie véhémente comme la passion, le tonnerre et la mort, couvre d'un voile d'ombre et de nuit le trésor de cette vie intérieure, que mesure entre les âmes la meilleure et la plus pure...".
Victor-Emile MICHELET (1861-1938)
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"La Nature peut être assimilée au corps de l'Être immense que nous appelons ?Dieu? et que nous concevons comme Infini et Éternel. Elle réalise donc la Pensée divine, comme notre propre corps est l'instrument plus ou moins docile de notre volonté. Nous pouvons dire que Dieu travaille dans la Nature et parle par elle, car la Nature est Son Grand Livre".
François JOLLIVET-CASTELOT (1868-1937)
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"La Culture est la vénération de la Lumière ; la Culture est l'amour de l'Humanité ; la Culture est l'unité de la Vie et de la Beauté ; la Culture est la synthèse des réalisations qui élèvent et inspirent... La condamnation, le dénigrement, la destruction et toutes les autres caractéristiques de l'ignorance ne conviennent pas à la Culture. Par l'étude, l'estime et l'admiration, nous pouvons devenir de réels coopérateurs de l'Évolution, et c'est de la Lumière que peut émerger la vraie Connaissance. Cette Connaissance véritable est basée sur la tolérance réelle ; de cette tolérance réelle vient la compréhension absolue ; de la compréhension absolue naît l'enthousiasme pour la Paix, qui éclaire et purifie. Ainsi, la Culture et la Paix rendent l'homme véritablement invincible car, se rendant compte de toutes les conditions spirituelles qui leur sont nécessaires et indispensables, il devient tolérant et capable de tout embrasser".
Nicolas ROERICH (1874-1947)
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"Le véritable mystique se reconnaît, entre autres vertus, à ce qu'il donne l'exemple, sinon du silence, au moins de la tempérance verbale. Il ne parle qu'à bon escient, c'est-à-dire rarement, et les paroles qu'il prononce sont riches d'un sens profond. Il fait sien ce conseil d'un instructeur soufi : ?Si le mot que tu vas prononcer n'est pas plus beau que le silence, alors ne le dis pas !?. Ce n'est pas seulement vis-à-vis des autres qu'il faut rester silencieux quand on postule à l'initiation, mais aussi envers soi-même. Qu'on nous comprenne bien : c'est dans le silence que le Divin se communique à nous. Il faut, pour entendre les conseils de Dieu, pour recevoir Ses intuitions vivifiantes, savoir faire taire en soi toutes les voix profanes...".
Jeanne GUESDON (1884-1955)
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"Je crois en Dieu et en l'Amour, parce que j'aime Dieu et que c'est Dieu qui me permet d'aimer".
Édith PIAF (1915-1963)
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"Je suis coupable de guerre quand j'exerce mon intelligence au détriment de mes frères humains.
Je suis coupable de guerre quand je dénature les opinions d'autrui qui différent des miennes.
Je suis coupable de guerre quand je fais preuve d'indifférence à l'égard des droits et des biens d'autrui.
Je suis coupable de guerre quand je convoite ce qu'un autre a honnêtement acquis.
Je suis coupable de guerre quand j'imagine que ma race et moi-même devons être privilégiés par rapport aux autres.
Je suis coupable de guerre quand je crois qu'un héritage me donne le droit de monopoliser les ressources de la nature.
Je suis coupable de guerre quand je crois que les autres doivent penser et vivre comme je le fais.
Je suis coupable de guerre quand je rends le succès dans la vie tributaire du pouvoir, de la renommée et de la richesse.
Je suis coupable de guerre quand je pense que pour convaincre, il vaut mieux la force que la raison.
Je suis coupable de guerre quand je pense que le pays où un homme est né doit être nécessairement le lieu où il doit vivre.
Je suis coupable de guerre quand je crois que ma conception de Dieu est celle que les autres doivent accepter".
Ralph Maxwell LEWIS (1904-1987)
*********************************************** _________________ Morgane
Désolée mais l'équipe et moi-même ne répondrons plus aux messages incompréhensibles
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